Immobilier

Comment améliorer le DPE d’un immeuble ancien ?

09 Juin 2026 7 min de lecture
Close-up of a weathered brick building facade showing cracks and deterioration. Gros plan de la façade d'un bâtiment en brique usée montrant des fissures et de la détérioration.

Ce que vous devez savoir sur le DPE d’immeuble ancien

  • Plus de 40 % du parc immobilier français est classé E, F ou G selon l’ADEME, avec environ 7 millions de logements construits avant 1975 classés F ou G
  • Les immeubles construits avant 1948 consomment en moyenne 330 kWh/m²/an, soit plus du double du seuil de la classe D
  • Un logement classé F ou G se vend en moyenne 10 à 15 % moins cher qu’un bien équivalent classé C ou D
  • L’ANAH finance jusqu’à 50 % des travaux de rénovation thermique via MaPrimeRénov’ Copropriétés, sous condition de gain énergétique minimum de 35 %
  • Les logements classés G sont aujourd’hui interdits à la location, et les logements F suivront progressivement

Un immeuble ancien, ça a du caractère. Mais ça a aussi des fenêtres qui sifflent, des murs qui transpirent le froid et des factures de chauffage qui font mal. Le DPE immeuble ancien est souvent le premier signal d’alarme que les propriétaires reçoivent, et beaucoup ne savent pas quoi en faire. Voici ce qu’il faut vraiment comprendre pour ne pas rester bloqué face à une mauvaise étiquette énergétique.

Le diagnostic de performance énergétique mesure deux choses : la consommation énergétique d’un bâtiment (en kWh/m²/an) et ses émissions de CO₂. Ces deux valeurs déterminent la classe énergétique du bâtiment, de A (excellent) à G (passoire thermique). Selon l’ADEME, plus de 40 % du parc immobilier français est classé E, F ou G. Les immeubles construits avant 1975 sont massivement concernés.

💡 Selon l’ADEME, les bâtiments résidentiels construits avant 1975 représentent environ 7 millions de logements classés F ou G en France. Ce sont ces biens que la réglementation cible en priorité avec les nouvelles obligations de rénovation.

Qu’est-ce que le DPE d’un immeuble ancien mesure vraiment ?

Diagnostic de performance énergétique immeuble ancien

Le DPE ne se limite pas à regarder votre chaudière. Il analyse l’ensemble des déperditions thermiques de la construction : toiture, murs, planchers, vitrages, ponts thermiques. Dans un immeuble ancien, ce sont souvent les murs anciens sans isolation qui sont responsables de 25 à 35 % des pertes de chaleur, d’après les données du CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment).

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Le diagnostiqueur évalue aussi l’étanchéité à l’air du bâtiment. Une mauvaise étanchéité multiplie les infiltrations et rend tout système de chauffage inefficace. C’est souvent là que les immeubles du XIXe siècle ou de l’entre-deux-guerres perdent des points.

Qui réalise le DPE et sous quelles conditions ?

Seul un mandataire DPE certifié peut produire un certificat d’efficacité énergétique valable légalement. La certification est délivrée par des organismes accrédités par le COFRAC, comme Certigaz ou LNE. Vérifiez toujours le numéro de certification avant de signer un bon de commande.

Pour un immeuble en copropriété, c’est le syndic qui commande le DPE collectif. Ce document est différent du DPE individuel par lot. Les deux peuvent coexister, mais seul le DPE collectif reflète la performance réelle du bâti commun.

Pourquoi les immeubles anciens sont-ils si souvent mal classés ?

Le DPE d’un immeuble ancien est rarement flatteur, et ce n’est pas une surprise. Les normes RT2012, qui imposent des seuils stricts de consommation, s’appliquent aux constructions neuves. Les bâtiments anciens, eux, ont été construits sans aucune contrainte thermique réglementaire.

Un immeuble haussmannien, par exemple, a des murs épais en pierre calcaire. Ces murs ont une inertie thermique intéressante, mais aucune isolation. Résultat : la consommation énergétique de l’immeuble explose dès que les températures chutent. L’étiquette énergétique du logement reflète cette réalité sans ménagement.

🔥 D’après une étude de l’Observatoire National de la Rénovation Énergétique (ONRE), les immeubles construits avant 1948 consomment en moyenne 330 kWh/m²/an, soit plus du double du seuil de la classe D fixé à 150 kWh/m²/an.

Le chauffage collectif : un facteur aggravant souvent ignoré

Le chauffage d’immeuble collectif pèse lourd dans le DPE. Une chaudière fioul collective datant des années 80 fait automatiquement chuter la note. Or, dans de nombreuses copropriétés, personne ne veut financer le remplacement. C’est là que le blocage décisionnel coûte cher à tout le monde !

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Un remplacement par une pompe à chaleur adaptée aux immeubles anciens, comme les solutions air/eau proposées par Atlantic ou Daikin, peut faire gagner deux à trois classes énergétiques. L’investissement est conséquent, mais les économies d’énergie sur la rénovation sont réelles et mesurables dès la première année.

Amélioration énergétique immeuble ancien

Comment améliorer le DPE d’un immeuble ancien ?

Améliorer le DPE passe d’abord par un audit énergétique du bâti complet. Ne partez pas tête baissée dans des travaux sans diagnostic préalable. Un audit identifie précisément les postes prioritaires : isolation, vitrages, système de chauffage, ventilation.

  • Isolation des murs anciens par l’intérieur (ITI) ou l’extérieur (ITE) : l’ITE est plus efficace mais nécessite l’accord de la copropriété et parfois des autorisations en secteur protégé.
  • Remplacement du système de chauffage collectif : pompe à chaleur, chaudière à condensation gaz ou raccordement à un réseau de chaleur urbain.
  • Traitement de l’étanchéité à l’air : calfeutrement des fenêtres, remplacement des menuiseries, traitement des joints de façade.

La rénovation thermique du bâtiment : par où commencer ?

Commence par les déperditions les plus importantes. Dans la plupart des immeubles anciens, c’est le toit. L’isolation de la toiture ou des combles perdus représente souvent 30 % des économies possibles pour un coût relativement faible.

Ensuite, attaque les fenêtres. Le double vitrage réduit les déperditions thermiques de la construction de façon significative. Des marques comme Saint-Gobain avec sa gamme SGG CLIMAPLUS proposent des solutions adaptées aux dimensions atypiques des immeubles anciens !

L’Agence Nationale de l’Habitat (ANAH) finance jusqu’à 50 % des travaux de rénovation thermique via le dispositif MaPrimeRénov’ Copropriétés, sous condition de gain énergétique minimum de 35 %. C’est un levier financier que beaucoup de syndics sous-utilisent.

Comment améliorer le DPE immeuble ancien

Vidéo : Guide pratique de la rénovation énergétique


DPE immeuble ancien : quelles obligations légales pour les propriétaires ?

Les obligations légales liées au DPE immeuble ancien se durcissent régulièrement. Les logements classés G sont aujourd’hui interdits à la location. Les logements F suivront. Cette pression réglementaire force les propriétaires à agir, qu’ils le veuillent ou non.

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Pour une copropriété, le DPE collectif doit être réalisé tous les dix ans. Ce document alimente le plan pluriannuel de travaux (PPT), obligatoire pour les copropriétés de plus de quinze ans. Ignorer ces obligations expose le syndic et le conseil syndical à des responsabilités sérieuses !

Vendre un immeuble ancien avec un mauvais DPE : impact réel sur la valeur

Une mauvaise classe énergétique du bâtiment déprécie directement le prix de vente. Selon les Notaires de France, un logement classé F ou G se vend en moyenne 10 à 15 % moins cher qu’un bien équivalent classé C ou D. C’est un argument de poids pour convaincre une copropriété récalcitrante de voter des travaux.

À l’inverse, un immeuble rénové avec une bonne étiquette énergétique attire des acheteurs et des locataires plus solvables. La rénovation thermique du bâtiment n’est pas une dépense : c’est un investissement qui se valorise à la revente !

Classe DPE Consommation (kWh/m²/an) Statut légal location
A ≤ 70 Autorisée
B 71 – 110 Autorisée
C 111 – 180 Autorisée
D 181 – 250 Autorisée
E 251 – 330 Autorisée (sous conditions)
F 331 – 420 Interdite progressivement
G > 420 Interdite

Face à un DPE immeuble ancien défavorable, trois gestes changent vraiment la donne : faire réaliser un audit énergétique du bâti par un professionnel certifié, prioriser l’isolation de la toiture et des murs, et voter en copropriété le remplacement du système de chauffage collectif. Les aides de l’ANAH via MaPrimeRénov’ Copropriétés existent pour financer une grande partie des travaux. Agis avant que la loi t’y oblige.

Sophie Renard
L'auteure
Sophie Renard
Passionnée de déco et de rénovation intérieure

Passionnée de déco et de rénovation depuis 8 ans, je partage ici des conseils concrets sur la maison, les travaux et l'immobilier.