Ce que vous devez savoir sur CFE et location saisonnière
- La CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) est due dès la première location meublée, même pour seulement 2 semaines par an.
- L’article 1459 du Code Général des Impôts exonère la résidence principale louée moins de 120 jours par an.
- La Taxe d’Habitation sur les Résidences Secondaires (THRS) s’applique à toute résidence secondaire louée ponctuellement.
- Les communes en zone tendue peuvent majorer la THRS jusqu’à 60 % — Paris, Lyon, Bordeaux et Annecy ont adopté ce plafond maximum.
- Le formulaire P0i doit être déposé auprès du Service des Impôts des Entreprises dès la première mise en location.
Tu loues ton appartement quelques semaines par an sur Airbnb ou Booking.com. Et là, tu reçois un avis d’imposition pour la CFE. Surprise totale. La location saisonnière cfe et taxe d’habitation : deux sujets que personne n’explique avant que tu commences.
Ce que beaucoup ignorent, c’est que louer en meublé déclenche des obligations fiscales bien précises. Tu n’es pas seul dans cette situation. Selon les données de la Direction Générale des Finances Publiques, des millions de Français louent un bien meublé à titre touristique chaque année.
La CFE en location saisonnière, c’est quoi exactement ?

La Cotisation Foncière des Entreprises est un impôt local dû par toute personne exerçant une activité professionnelle non salariée. Louer un meublé de tourisme est considéré comme une activité professionnelle par l’administration fiscale. Même si tu ne te sens pas « entrepreneur », tu l’es aux yeux des impôts !
La base de calcul repose sur la valeur locative cadastrale de ton bien. Le taux est ensuite fixé par ta commune. Tu peux recevoir une cotisation très variable selon l’emplacement de ton bien.
À retenir : la CFE est due chaque année, même si tu ne loues que deux semaines. Le simple fait d’exercer l’activité suffit à déclencher l’imposition. L’administration ne tient pas compte du volume de location pour l’assujettissement de base.
La déclaration se fait auprès du Service des Impôts des Entreprises (SIE) dont dépend ton bien. Le formulaire P0i est ton point de départ si tu débutes l’activité. Ne l’ignore pas : les pénalités pour défaut de déclaration peuvent être lourdes !
Qui est exonéré de CFE pour une location saisonnière ?
La CFE touche donc une grande partie des loueurs en meublé. Mais l’article 1459 du Code Général des Impôts prévoit plusieurs cas d’exemption. Le plus courant concerne la location de ta résidence principale.
- Location de ta résidence principale : exonérée de CFE si tu loues moins de 120 jours par an.
- Revenus très faibles : la cotisation minimum peut ne pas s’appliquer selon la commune.
- Meublé de tourisme classé : certaines communes accordent une exonération sur délibération du conseil municipal.
Exonération partielle ou totale ? Ça dépend entièrement de ta commune. Contacte directement ton SIE local pour savoir ce qui s’applique à ta situation. Ne présume jamais que tu es exonéré sans vérification. Avant même de te lancer dans la location, il peut être utile de bien comprendre quel statut juridique immobilier choisir avant d’acheter pour optimiser ta situation fiscale dès le départ.
La résidence secondaire, c’est un autre monde. Si tu loues un bien qui n’est pas ta résidence principale, les exonérations de l’article 1459 ne s’appliquent pas. Tu seras assujetti à la CFE, peu importe le nombre de nuits louées.
La taxe d’habitation s’applique-t-elle toujours en location saisonnière ?
La CFE réglée, il reste un deuxième impôt à connaître. La taxe d’habitation a bien été supprimée pour les résidences principales. Mais la location saisonnière ne concerne presque jamais ta résidence principale au sens fiscal du terme.
Ce que dit la loi : la Taxe d’Habitation sur les Résidences Secondaires (THRS) s’applique à tout logement meublé non affecté à la résidence principale. Le fait de le louer ponctuellement ne change rien à cette qualification. Tu paies la THRS même si le bien est vacant la plupart de l’année.
C’est là que location saisonnière cfe et taxe d’habitation se cumulent vraiment. Tu peux te retrouver à payer les deux sur le même bien ! Et personne ne te prévient de ça au moment où tu mets ton annonce en ligne !
Ton gîte à la montagne compte comme résidence secondaire ? Oui, et ça change tout côté impôts. Le statut du bien prime toujours sur l’usage locatif ponctuel.

La majoration sur les résidences secondaires, un vrai coup dur
La THRS de base, ce n’est pas tout. Les communes peuvent majorer la taxe d’habitation sur les résidences secondaires jusqu’à 60 % dans les zones tendues. Paris, Lyon, Bordeaux, Annecy : autant de villes qui ont adopté cette majoration au maximum autorisé par la loi.
Résultat : une taxe d’habitation déjà salée peut presque tripler. Les propriétaires qui louent sur des marchés touristiques prisés sont doublement pénalisés. Ils paient plus de taxes locales et font face à une pression fiscale croissante. Si tu envisages d’investir dans une zone moins tendue, tu peux consulter notre guide sur où acheter pas cher en bord de mer en France pour cibler des secteurs avec une fiscalité plus clémente.
| Type de bien | CFE due ? | Taxe d’habitation due ? |
|---|---|---|
| Résidence principale (moins de 120 jours/an) | Non (art. 1459 CGI) | Non (supprimée) |
| Résidence principale (plus de 120 jours/an) | Oui, selon commune | Non |
| Résidence secondaire louée en saisonnier | Oui | Oui (THRS, parfois majorée) |
Ce tableau résume l’essentiel. Garde-le sous la main avant de calculer ta rentabilité locative. Beaucoup de propriétaires oublient ces charges dans leur prévisionnel. Et c’est une erreur qui coûte cher !
Comment gérer au mieux ces deux taxes en location meublée ?
Maintenant que tu connais les deux impôts, quelques réflexes font toute la différence. Commence par déclarer ton activité dès la première location. L’administration peut réclamer des CFE rétroactives sur plusieurs années si tu as omis de le faire.
Vérifie si ta commune offre une exonération pour les meublés de tourisme classés. Le classement officiel (de 1 à 5 étoiles, délivré par Atout France) peut ouvrir des droits fiscaux avantageux. C’est une démarche qui vaut largement le temps investi !
💡 Astuce : consulte un comptable spécialisé en location meublée non professionnelle (LMNP) avant ta première déclaration. Le régime fiscal choisi (micro-BIC ou réel) impacte directement tes charges déductibles. Un mauvais choix peut te coûter plusieurs milliers d’euros sur plusieurs années.
Sur la THRS, peu de leviers existent une fois propriétaire. Certaines communes exonèrent les meublés de tourisme classés de la majoration. Renseigne-toi auprès de ton SIE ou du service urbanisme de ta mairie. La réponse varie vraiment d’une ville à l’autre.
- Dépose le formulaire P0i dès la première mise en location.
- Demande une copie de la délibération communale sur les exonérations CFE.
- Intègre la THRS et la CFE dans ton tableau de rentabilité avant toute mise en location.
La location saisonnière cfe et taxe d’habitation se gèrent avec méthode. Déclare dès le départ, vérifie ton éligibilité aux exonérations, et anticipe la THRS dans ton prévisionnel. Un rendez-vous avec ton SIE suffit à clarifier ta situation. Fais-le avant ta prochaine saison.
